Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

L’ensemble des questions orales posées par votre sénatrice ou votre sénateur. Au Sénat, une question orale peut, suivant les cas, être suivie d’un débat. Dans ce cas, chaque groupe politique intervient au cours de la discussion.

SERVICES PUBLICS

 Production et distribution d'énergie en Ile-de-France

Par Michel Billout / 16 février 2005

« Je souhaite attirer l’attention du Gouvernement sur les conséquences de la fermeture de centrales thermiques à flamme en Ile-de-France.

En effet, sur les trois arrêts d’exploitation de centrales actuellement programmés - il faudrait dire pratiquement achevés -, deux concernent les sites de production situés dans le département de la Seine-et-Marne, à Montereau et à Vaires-sur-Marne.

Ce choix de la direction d’EDF risque de mettre gravement en cause la sûreté de l’alimentation et les conditions d’approvisionnement énergétique de la région capitale, en la privant des ressources énergétiques suffisantes pour garantir la continuité du service.

La disparition programmée des moyens de production en Ile-de-France laisse la région totalement dépendante des moyens de production externe.

Cette dépendance n’est pas durablement soutenable, compte tenu de l’importance économique et politique de la région, si une rupture significative intervenait sur les alimentations extérieures.

Le réseau des transports, vulnérable par nature, deviendrait alors le talon d’Achille de l’alimentation de la région parisienne.

Cette région devrait donc avoir les moyens d’assurer sa sécurité minimale.

De plus, tout au long de l’année, la consommation d’électricité subit de grandes variations, saisonnières, journalières, voire horaires.

Ainsi, pendant quelques centaines d’heures par an, on observe sur l’ensemble du territoire une demande très importante de puissance électrique, qui est appelée « puissance de pointe ».

Il paraît donc nécessaire de mettre en place de nouveaux moyens de production pour répondre à la demande durant ces périodes.

Afin d’assurer la fourniture d’une électricité de qualité à moindre coût, il est indispensable d’installer ces moyens de production dans les régions où les déséquilibres entre production et consommation sont les plus importants.

Concrètement, la région d’Ile-de-France possède un fort potentiel de développement, ce qui laisse supposer que ses besoins énergétiques - notamment dans le département de la Seine-et-Marne - ne vont cesser de croître dans les prochaines années.

Actuellement, la région consomme déjà pour ses propres besoins 17 % de la production nationale, alors qu’elle ne dispose que de 6 % de la puissance installée.

Dans cette région, la réponse aux besoins énergétiques devrait être prioritaire.

Par de telles décisions, EDF tourne le dos à un développement industriel de recherche et d’innovation technologique ambitieux permettant de répondre pour les années à venir aux besoins en matière d’emplois et de service public à destination des populations et de l’économie franciliennes.

Il faut réfléchir dès à présent à la mise en place d’unités de production en Ile-de-France, qui soient respectueuses de l’environnement, conçues dans le cadre du développement durable, et qui répondent aux besoins en matière d’énergie.

Parallèlement, il convient de lancer très vite les études nécessaires. Il faut aussi oeuvrer à la diversification des modes de production d’énergie et ne pas tout miser sur le nucléaire, qui comporte des coûts lourds de traitement des déchets et ne peut répondre à l’ensemble des demandes.

Or, à Vaires-sur-Marne, par exemple, où l’activité de production va très prochainement cesser, aucun plan de remplacement n’est actuellement prévu : seule est envisagée la possibilité de conserver une turbine à gaz, dans l’hypothèse d’une réouverture du site à l’horizon 2008, voire 2012.

Un projet identique avait déjà été proposé par la direction d’EDF en 1992, mais n’avait pas abouti. Il est donc aujourd’hui plus qu’urgent de lancer les études nécessaires pour qu’un tel plan parvienne enfin à voir le jour.

Le terrain de Vaires-sur-Marne est stratégique : il est bien intégré dans l’environnement urbain et dispose de dessertes ferroviaires et fluviales.

Lors de sa très récente audition par la commission des affaires économiques et du Plan et par le groupe d’études de l’énergie, le président d’EDF, M. Gadonneix, a indiqué que son entreprise envisageait à la fois la fermeture totale de certains sites et le redémarrage d’autres afin d’augmenter la production de 2 000 mégawatts.

Cette orientation pourrait être intéressante, mais le président d’EDF n’a pu indiquer ni les échéances ni les sites retenus, ce qui fait craindre une prise de décision trop tardive.

De plus, il ne revient pas à EDF de définir la politique énergétique de la France : cette responsabilité incombe à l’Etat.

L’énergie est un domaine fondamental, qui conditionne l’emploi, les transports, la vie, et nécessite donc une maîtrise publique.

C’est la raison pour laquelle je vous prie, madame la ministre, de nous préciser les projets du Gouvernement pour le maintien d’une production d’énergie suffisante en Ile-de-France.

Les citoyens ont réellement besoin d’éclaircissements sur les choix en ce domaine, a fortiori lorsque la mise en concurrence de ce secteur fait craindre que l’offre énergétique soit déterminée non plus en fonction des besoins, mais prioritairement, voire exclusivement, selon des critères de rentabilité financière. »

Réponse : Mme Nelly Olin, ministre déléguée à l’intégration, à l’égalité des chances et à la lutte contre l’exclusion

 :

« Monsieur le sénateur, l’énergie thermique à flamme représente actuellement 3 % à 4 % de la production d’EDF en France.

Il s’agit d’une énergie d’appoint, utilisée essentiellement en période de pointe, en complément du nucléaire et de l’hydraulique.

Cette production est assurée par dix-sept centrales thermiques à flamme. Certaines de ces installations, qui ont une quarantaine d’années, atteignent leur fin de vie et toutes posent le problème du respect des normes environnementales.

En effet, l’évolution des normes européennes rendra obligatoires, sur certains sites, des investissements extrêmement importants, absolument incompatibles avec la rentabilité de ces centrales.

C’est ce qui a amené EDF à annoncer l’arrêt de la production de certaines de ces centrales d’ici à deux ans, comme vous l’avez souligné, monsieur le sénateur.

Concernant plus spécifiquement les sites de Champagne-sur-Oise, Vaires-sur-Marne et Montereau, l’arrêt s’échelonne entre 2003 et 2005.

Le cas de chaque agent sera étudié individuellement afin que celui qui travaille dans l’un de ces sites puisse continuer sa carrière au sein de l’entreprise.

Les discussions à ce sujet ont été engagées par EDF avec les partenaires sociaux depuis plusieurs mois.

Chaque salarié bénéficiera d’une solution adaptée et des mesures d’aides à la mobilité prévues par EDF.

Il existe en effet un besoin de compétences au sein de l’entreprise, et des possibilités d’intégration sont d’ores et déjà identifiées au sein même du thermique à flamme, dans le nucléaire, l’hydraulique et la distribution.

En ce qui concerne les conséquences engendrées par la fermeture de ces trois sites sur la production énergétique, la question de l’équilibre entre l’offre et la demande doit se traiter à l’échelon national, étant donnée l’étendue du réseau de transport d’électricité.

Il ressort de l’examen du dernier bilan prévisionnel du réseau de transport d’électricité, le RTE, que la question de l’équilibre entre l’offre et la demande ne devrait pas se poser avant 2010.

Afin d’anticiper les besoins à cet horizon, EDF a déjà engagé des études de faisabilité concernant une tranche « cycle combiné gaz » et une tranche « charbon propre ».

L’entreprise sera ainsi prête, si le besoin s’en faisait sentir, à mettre en place de nouveaux moyens de production qui fassent appel aux meilleures technologies disponibles et soient respectueux de l’environnement.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité actualise le bilan prévisionnel, qui sera remis au Gouvernement au cours du premier semestre de l’année 2005.

Les services travaillent également au prochain rapport sur la programmation pluriannuelle des investissements de production électrique, qui sera présenté au Parlement dans le courant de l’année.

La question que vous soulevez, monsieur le sénateur, fera l’objet d’un examen très attentif dans ce cadre. »


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Michel BILLOUT
Sénateur de Seine-et-Marne

Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Elu le 26 septembre 2004

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