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Michel Billout interpelle Alain Juppé sur les conséquences humanitaires en Côte d’Ivoire
Par Michel Billout / 11 mars 2011
Monsieur le Ministre,
Je souhaite attirer votre attention sur la situation humanitaire que connaît la Côte d’Ivoire.
L’incertitude quant aux résultats des élections présidentielles en novembre 2010 a plongé le pays dans une nouvelle crise politique. La France, par la voix du Président de la République, a demandé à l’Union européenne de soumettre la Côte d’Ivoire à un régime de sanctions afin d’asphyxier le pouvoir de Laurent Gbagbo.
Ainsi la Côte d’Ivoire fait l’objet de mesures d’embargo dans le secteur bancaire, la vente du café et du cacao et le secteur portuaire. C’est d’ailleurs dans ce dernier secteur que les conséquences de l’embargo sont les plus dramatiques.
En effet, les ports d’Abidjan et de San Pedro représentent 90% des échanges commerciaux du pays. Outre les conséquences financières et économiques, les sanctions aggravent dangereusement la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité telles que le blé, le riz, le sucre et le lait qui sont importés.
De plus, j’attire votre attention sur le fait que la Côte d’Ivoire, ne produisant aucun médicament, doit les importer depuis l’Unioneuropéenne. La Pharmacie de la Santé publique (PSP), centrale publique d’achats de médicaments, qui approvisionne les hôpitaux publics ne peut plus passer commande et connaît un taux très important de rupture de stock. Au regard de cette situation, du développement certain de l’automédication et des médicaments de la rue, de l’augmentation du coût des médicaments disponibles, il est à craindre une forte croissance des taux de mortalité et de morbidité.
Nous ne pouvons donc accepter un tel embargo qui, en plus des combats armés meurtriers, abandonne la population ivoirienne à des conséquences sanitaires et humanitaires particulièrement indignes.
Aussi, je souhaiterais connaître la position du gouvernement français concernant un éventuel réexamen des sanctions européennes qui pèsent aujourd’hui bien plus sur la population que sur les élites qu’elles sont censées acculer. En effet, un tel examen pourrait permettre une levée partielle de l’embargo concernant les produits alimentaires et les médicaments.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée.










