Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

L’ensemble des questions orales posées par votre sénatrice ou votre sénateur. Au Sénat, une question orale peut, suivant les cas, être suivie d’un débat. Dans ce cas, chaque groupe politique intervient au cours de la discussion.

LOGEMENT ET TRANSPORT

La privatisation des concessions d'autoroutes va permettre la rémunération du capital privé au détriment des finances publiques

Par Michel Billout / 14 septembre 2005

Monsieur le Sénateur Michel Billout attire l’attention de Monsieur Dominique PERBEN, Ministre de l’équipement, des transports, de l’aménagement du territoire, du tourisme et de la mer,sur la privatisation amorcée des concessions d’autoroute.

En effet, il estime que cette décision du gouvernement s’oppose à l’intérêt général et que, pire encore, elle revient à privatiser l’impôt.

Lors du vote du budget des transports, l’année dernière, le Parlement a décidé de créer l’agence de financement des infrastructures de transport, ses ressources provenant essentiellement des péages des autoroutes.

La privatisation des concessions d’autoroute remet donc directement en cause l’existence même de cette agence en la privant de recettes perennes. Une dotation exceptionnelle de 4 milliards d’euros, comme elle est annoncée, ne revient pas aux 1,5 milliard d’euros de recette par an pendant 20 ans qui aurait dû alimenter les recettes de cette agence .

Le bénéfice escompté par l’Etat de cette privatisation est de 12 à 13 milliards d’euros servant essentiellement à la réduction de la dette publique mais sans ambition de service public. La qualité de service est en effet le quatrième critère d’attribution des marchés. Cette privatisation aura aussi, à l’évidence, des conséquence sur les personnels.

L’objectif de cette agence lors de sa création était, selon le gouvernement, la promotion d’une politique des transports qui favorise les modes de transports alternatifs à la route, notamment le rail, par le financement des grands projets d’infrastructures tels que définis lors du CIADT de décembre 2003. Qu’en sera-il lorsque ses ressources seront asséchées ?

De plus, cette décision gouvernementale ne se justifie pas économiquement, les sociétés concessionnaires des autoroutes sont de plus en plus bénéficiaires. Cela s’explique par le fait qu’elles ont de moins en moins de charges notamment de remboursements d’emprunt et que parallèlement le coût des péages augmente. Ainsi, pour ne prendre que l’exemple d’ASF, son chiffre d’affaire depuis 1990 a crût de 7,6%. On offre ainsi aux grandes entreprises du bâtiment la possibilité d’un investissement sans risque puisque monopolistique et à rendement maximum. Ce sont, en effet, 37 milliards d’euros de dividendes qui sont attendus dans les 25 prochaines années.

Autrement dit, ce projet va permettre la rémunération du capital privé en retirant à la puissance publique des ressources nécessaires pour un aménagement du terroire harmonieux, orienté vers la satisfaction des besoins de transport du XXIème siècle.

Michel Billout souhaite donc connaître les projets du gouvernement pour permettre un financement pérenne de l’AFTIF mais aussi pour promouvoir concrètement le rééquilibrage des modes de transports vers les modes les plus respectueux de l’environnement.

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Michel BILLOUT
Sénateur de Seine-et-Marne

Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Elu le 26 septembre 2004

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